Le Procès-verbal d’assemblée générale : rédaction et délais

Redoutez-vous qu'un vice de forme inaperçu n'entraîne l'annulation brutale des résolutions votées par vos associés ou copropriétaires ?

La validité de ces décisions repose intégralement sur un procès-verbal assemblée générale rédigé avec une précision chirurgicale et conforme aux dernières exigences légales.

Ce dossier complet vous livre les mentions impératives à intégrer et les réflexes indispensables pour garantir l'incontestabilité de vos documents juridiques.

Rédigé par Raïssa MAMANE
🕜 7 min
proces verbal assemblee generale

Dernière mise à jour le 08/12/2025

Sommaire
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Résumé de l'article

Bien plus qu'un simple compte-rendu, le procès-verbal constitue la preuve juridique irréfutable des décisions actées. Sa rédaction, soumise à un formalisme strict, conditionne la validité des résolutions et protège la structure contre les risques de nullité. Pour faciliter cette formalité, Télécharger gratuitement notre modèle de procès-verbal assemblée générale.

1. À quoi sert le procès‑verbal d’AG ?

Ce document, souvent perçu comme une simple formalité administrative, est en réalité la pierre angulaire de la vie juridique de votre structure. Voyons pourquoi il est bien plus qu'un simple compte-rendu.

Prouver la légalité des décisions

Le PV matérialise les décisions et constitue leur preuve formelle devant un tribunal. Contrairement au compte rendu (qui relate les débats), il constate officiellement les résolutions votées et leur résultat. Sans PV, les décisions sont nulles et inexistantes juridiquement. Comprendre le fonctionnement d'une assemblée générale pour éviter les failles.​

Informer associés, copropriétaires et tiers

Le PV informe les absents des décisions s'imposant à eux et assure l'opposabilité aux tiers (banques, greffe). Il est requis pour formalités comme publication JAL ou modification statuts. Exemple : un banquier exige le PV pour changer les pouvoirs d'un gérant. Sans PV, rien n'est valide.​

Quand le PV est-il obligatoire ?

Obligation légale quasi-systématique :

  • Sociétés (SARL/SAS) : tout AG ordinaire/extraordinaire.​
  • Associations : si utilité publique ou statuts l'exigent. Voir PV association.
  • Copropriété : loi 1965, systématique.​

Conséquences absence : nullité décisions + faute de gestion du dirigeant.​

2. Contenu obligatoire du procès‑verbal

Mentions légales communes (date, lieu, organe, quorum, résolutions, résultats des votes…)

Peu importe votre structure, un socle de mentions obligatoires s'impose à tous. Oubliez une seule ligne, et c'est tout l'édifice juridique qui tremble. C'est la base non négociable de la validité de l'acte.

Ces éléments ancrent la décision dans le marbre pour l'éternité. Ils prouvent que le contexte du vote était limpide et sans aucune équivoque. L'improvisation n'a pas sa place ici.

Voyez cette liste comme la carte d'identité indiscutable de votre assemblée. Elle fige l'instant précis où les décisions ont été actées par les membres. Sans elle, la preuve s'évapore. Voici ce qui doit figurer noir sur blanc.

Pour garantir la conformité, votre document doit impérativement intégrer les éléments suivants :

Tableau listant les éléments à intégrer dans le pv d'assemblée générale - blog Axiocap

 

Regardez la rigueur des sociétés cotées pour comprendre l'enjeu de la précision. Un PV d'Amundi détaille le quorum à la décimale près, soit 91,18%. C'est ce niveau de détail qui protège.

Ne négligez jamais les mentions obligatoires ni le calcul du quorum. L'ordre du jour, le texte des résolutions et le résultat des votes blindent juridiquement l'acte.

Spécificités selon le type de structure (association, société, copropriété)

Le socle commun ne suffit pas toujours pour être en règle. Chaque forme juridique impose ses propres contraintes que beaucoup ignorent à leurs risques et périls. Appliquer un modèle générique est une erreur fatale.

Les variations touchent souvent les signataires, les mentions additionnelles ou les délais. Parfois, ce sont les règles de conservation qui changent tout. Les statuts restent votre boussole. Ne les contredisez jamais par inadvertance.

Tableau récapitulatif spécificités du procès-verbal d'assemblée générale selon la forme juridique - blog Axiocap

Les sociétés commerciales comme la SARL ou la SAS ne pardonnent pas l'amateurisme. Le Code de commerce fixe un cadre rigide qu'il faut maîtriser. Vos statuts viennent ensuite compléter, mais jamais alléger ces obligations légales.

Prenez les SNC, où la loi dicte chaque virgule concernant les signataires. Tout est codifié selon les dispositions du Code de commerce. L'improvisation y est tout simplement interdite.

Pour les associations, vos statuts font office de loi absolue. Lisez-les attentivement avant de rédiger le moindre mot. D'ailleurs, les documents obligatoires pour une AG d'association dépassent souvent le simple PV.

La copropriété est un terrain miné par la loi de 1965 et son décret. Ici, pas de place pour l'interprétation créative des règles. Les délais de notification sont couperets et font tomber les décisions mal actées.

La SCI piège souvent par sa fausse simplicité apparente. Cette souplesse statutaire ne dispense pas de formaliser chaque décision proprement. Sachez que le procès-verbal de SCI possède ses propres subtilités qu'il faut respecter.

Que vous soyez en SARL, SAS ou SCI, la rigueur reste la même. En association ou copropriété, respectez les statuts et le Code de commerce à la lettre.

3. Qui rédige, signe et dans quels délais ?

Savoir ce que le PV doit contenir est une chose. Savoir qui doit s'en charger, apposer sa signature et en combien de temps en est une autre, tout aussi fondamentale.

Rédacteur du PV (président, secrétaire, tiers)

La loi reste souvent muette sur l'identité précise du rédacteur. Elle laisse généralement ce soin aux statuts ou aux usages internes. C'est une zone de flou qu'il faut maîtriser.

Dans la pratique, cette mission revient souvent au secrétaire de séance. On le désigne spécifiquement au début de la réunion pour ça. Il prend des notes pendant les débats. C'est le garant de la fidélité des échanges.

Le président de l'assemblée peut aussi s'y coller. Le représentant légal, comme le gérant ou le président de SAS, a également cette faculté. Rien ne l'interdit formellement.

Vous pouvez externaliser cette tâche à un professionnel du chiffre ou du droit. Un avocat ou un expert-comptable apporte une sécurité indéniable. Ils connaissent les pièges à éviter. C'est une assurance contre les erreurs techniques.

[[start_attention]]Déléguer la plume ne signifie pas déléguer le risque. La responsabilité finale du contenu pèse toujours. L'expert rédige, mais vous validez. Vous restez seul maître à bord.

Le secrétaire de séance ou le président de l'assemblée doit être vigilant. Le gérant engage sa responsabilité sur chaque ligne écrite. Une erreur peut coûter très cher.

Peu importe qui tient le stylo, l'objectif reste la précision juridique absolue. Choisissez quelqu'un de rigoureux qui comprend la portée de chaque mot. L'amateurisme n'a pas sa place dans ce document.

[[end_attention]]

Signature et paraphe du PV

La signature transforme un simple brouillon en preuve juridique incontestable. Sans ce geste, votre document ne vaut rien. C'est l'acte qui fige définitivement la réalité des débats.

Qui doit signer ? La réponse change selon votre structure juridique. Il faut impérativement consulter le Code de commerce ou vos statuts. Ne vous fiez pas aux "on-dit", vérifiez les textes.

tableau sur les différents signataires en fonction du statut juridique procès-verbal assemblée générale

Le paraphe apposé sur chaque feuillet n'est pas une option décorative. Il garantit qu'aucune page n'a été substituée après coup. C'est un rempart contre la falsification ultérieure.

La signature électronique est parfaitement parfaitement valable juridiquement. Elle doit respecter des normes strictes, comme le règlement eIDAS. C'est souvent plus sûr qu'un gribouillis sur papier.

La dématérialisation fluidifie radicalement cette étape fastidieuse. On gagne un temps précieux tout en sécurisant le processus.

Délais de rédaction selon les cas (sociétés, associations, copropriété)

Croire qu'il existe un délai légal universel est une erreur fréquente. Pourtant, la pratique exige une réactivité exemplaire. Traîner, c'est s'exposer à des oublis dangereux.

En société, le Code de commerce ne fixe pas de délai de rédaction précis. Mais les formalités obligatoires au greffe du tribunal imposent un rythme soutenu. Comptez généralement un mois pour tout boucler.

Pour les associations, regardez vos statuts, c'est la seule loi. S'ils sont muets, respectez un délai raisonnable. Il faut agir tant que les mémoires sont fraîches.

La copropriété ne rigole pas avec le calendrier. La loi impose la signature sous 8 jours et la notification dans le mois. C'est une course contre la montre réglementaire. Tout retard est sanctionnable.

Pourquoi cette urgence ? En copropriété, la notification déclenche le compte à rebours pour contester. Tant que vous n'envoyez rien, les opposants gardent une épée de Damoclès sur vos décisions. C'est risqué.

Surveillez le délai de rédaction pour valider vos formalités. Le greffe du tribunal attend, tout comme la copropriété attend sa notification. La rigueur temporelle est votre meilleure alliée.

Peu importe votre statut, rédigez le PV immédiatement après la séance. Attendre, c'est prendre le risque de déformer la réalité des décisions. Une bonne gestion exige une exécution quasi immédiate.

4. Conservation, notification et contestation

Un procès-verbal rédigé et signé n'est pas la fin de l'histoire. Il faut ensuite le conserver précieusement, en informer les bonnes personnes, et savoir comment réagir s'il est contesté.

Comment et combien de temps conserver les PV

Oubliez le vieux classeur qui prend la poussière sur une étagère au fond du bureau. La loi ne plaisante pas avec vos archives : elle impose une stricte conservation de chaque document au sein d'un registre des assemblées officiel. Ce n'est pas du simple rangement, c'est une obligation légale pour sécuriser vos décisions.

Si vous optez pour le papier, préparez-vous à un formalisme lourd et daté. Vos pages doivent être numérotées sans discontinuité, puis impérativement cotées et paraphées par un juge ou un maire. Les feuilles mobiles existent, certes, mais elles restent encadrées par ces mêmes contraintes administratives chronophages.

L'alternative moderne change radicalement la donne pour les entreprises. Le registre dématérialisé garantit l'intégrité totale et la datation certaine des PV grâce à un horodatage certifié et une signature électronique avancée. D'ailleurs, les obligations liées aux registres des assemblées générales restent strictes et le numérique permet de s'y conformer sans faille.

Concernant la durée légale de stockage, la vigilance est de mise. Pour les sociétés commerciales, la loi fixe un minimum de 5 ans. Pour les copropriétés, ce délai monte à 10 ans pour assurer la traçabilité.

En réalité, la conservation à vie reste la seule pratique vraiment sérieuse pour une société. Les PV actant des modifications statutaires, des augmentations de capital ou des fusions structurent l'entreprise. Ils doivent être gardés indéfiniment pour prouver l'histoire juridique de l'entité.

Perdre un PV peut avoir des conséquences désastreuses, même des années après les faits lors d'un audit ou d'une vente. C'est tout l'intérêt des solutions de conservation numérique sécurisées qui éliminent définitivement ce risque de perte matérielle.

Notification / information des membres

Clarifions un point qui sème souvent la confusion chez les dirigeants. Informer les membres ne signifie pas systématiquement envoyer une copie du PV à tout le monde. Cette nuance vous évite bien des frais inutiles.

Il faut absolument distinguer le droit à la communication du PV de l'obligation de notification. Le premier permet simplement à tout membre de venir consulter le document s'il le souhaite, alors que le second vous impose un envoi actif et formel.

Le cas le plus strict concerne sans surprise la copropriété. Ici, la notification du PV par lettre recommandée avec accusé de réception (ou par voie électronique sécurisée) est obligatoire dans le mois suivant l'AG. C'est un compte à rebours légal à ne pas rater.

Pour les sociétés et les associations, la règle est heureusement plus souple. Le plus souvent, les PV sont simplement tenus à la disposition des membres au siège social de l'entité. Ils peuvent les consulter sur place, sans envoi postal de votre part.

[[start_attention]]Attention toutefois à ne pas agir par automatisme. Vos statuts peuvent tout à fait prévoir une obligation d'envoi systématique plus contraignante que la loi. Il faut donc toujours s'y référer avant de décider de ne rien envoyer.[[end_attention]]

Retenez bien ces termes clés pour votre gestion : notification active, lettre recommandée pour la preuve, simple droit à la communication et consultation au siège social. Ne confondez pas ces régimes.

En somme, la méthode d'information doit être choisie avec soin. Elle doit être à la fois parfaitement conforme à la loi et efficace pour votre organisation.

Contestation d’un PV (délais, motifs principaux)

Même signé, un PV n'est pas infaillible et peut être attaqué. Il peut faire l'objet d'une contestation en justice par un associé ou un copropriétaire. L'objectif est radical : faire annuler purement et simplement les décisions qu'il contient.

Heureusement, les délais pour agir, le fameux délai de prescription, sont stricts. C'est 2 mois pour un copropriétaire à compter de la notification du PV. En droit des sociétés, l'action en nullité se prescrit généralement par 3 ans, ce qui laisse une fenêtre de tir plus large.

  • Les vices de forme : L'oubli d'une mention obligatoire dans le PV, une erreur grossière sur le calcul du quorum ou l'absence de signature des scrutateurs.
  • Les irrégularités de convocation : Le non-respect du délai légal de convocation, un ordre du jour incomplet ou l'oubli fâcheux de convoquer un membre.
  • L'abus de majorité : Une décision prise dans l'unique intérêt de certains membres majoritaires, au détriment flagrant de l'intérêt social et des minoritaires.
  • La violation de la loi ou des statuts : Une résolution qui contrevient frontalement à une règle légale ou une clause statutaire impérative.

[[start_astuce]]Peut-on corriger une erreur après coup ? Une simple coquille de forme peut être raturée proprement et paraphée par les signataires. C'est une tolérance pratique.[[end_astuce]]

En revanche, une erreur de fond, comme un mauvais résultat de vote ou une erreur sur le texte d'une résolution, ne se corrige pas a posteriori. Il faut impérativement une rectification par une nouvelle résolution votée lors d'une AG ultérieure.

5. Modèle de procès‑verbal et solution Axiocap

Télécharger un modèle de PV d’AG

Chercher un modèle de PV est souvent la première étape logique pour tout le monde. Cela évite l'angoisse de la page blanche. On gagne immédiatement un temps précieux sur la mise en forme.

Pour démarrer sur une base saine, nous avons préparé une ressource fiable. Vous pouvez dès maintenant télécharger gratuitement notre modèle de procès-verbal assemblée générale, conçu par des juristes. C'est le meilleur moyen de sécuriser vos premières démarches administratives.

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Le formalisme juridique, les délais stricts et la chasse aux signatures deviennent vite un enfer. La conservation des documents demande aussi une rigueur constante. La gestion manuelle multiplie inévitablement les risques d'erreurs. C'est une perte de temps et d'énergie considérable.

La dématérialisation offre heureusement une réponse complète et robuste à ces défis quotidiens. Elle sécurise et automatise l'ensemble du processus de A à Z. Vous gagnez ainsi immédiatement en fiabilité et sérénité.

Une solution comme Axiocap prend le relais, de la convocation à la génération du PV. Elle gère aussi le vote en ligne pour plus de fluidité. Simplifier la gestion de vos assemblées devient alors une réalité accessible. L'outil centralise tout le processus juridique.

Le procès-verbal d'assemblée générale est bien plus qu'une formalité : c'est le pilier juridique de votre organisation. Sa rédaction exige une rigueur absolue pour garantir la validité des décisions. Pour éviter les erreurs et simplifier sa gestion, la dématérialisation via une solution comme Axiocap s'impose aujourd'hui comme l'option la plus sécurisée et efficace.

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Raïssa MAMANE
Juriste

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